Barrio Nuevo - Latin Funk Latin Rock Latin Disco Latin Soul
(Soul Jazz records 1999) Selected by Stuart Baker & Pete Reilly
Et celle-là, vous la connaissez? C'est
Jean-Paul II qui harangue la foule du balcon de la place Saint Pierre: «Peuple du Vatican, ne vous vautrez plus dans le stupre et la luxure, cessez immédiatement de danser la salsa! Salsa no, trabajo si!» (N.D.L.R.: Jean-Paul est polyglotte, car pour être pape, il faut au moins l'anglais courant et une deuxième langue serait un plus). Et la foule de reprendre en chœur: «Salsa no, trabajo si! Salsa no, trabajo si! Salsa no trabajo si!». En fait, elle est super drôle si on chante la fin comme
Lou Bega, le comique allemand, et encore plus fun si on remplace Jean-Paul II par
Fidel Castro. Bien que
Jean-Paul II ait ma préférence, puisqu'il est actuellement n°1 des ventes du top album polonais. C'est vrai, c'est écrit noir sur blanc dans le Billboard. Les Polonais, ils sont pas encore mûrs pour entrer dans la communauté européenne, c'est moi qui vous l'dis... Quoi qu'il en soit, si j'étais Commandant en chef du Vatican, je m'inscrirai au Concours de l'Eurovision, et j'y enverrai Jean-Paul II. Cela me fait d'ailleurs penser que les Turcs n'ont jamais remporté le concours. C'est vraiment dégueulasse, car leurs chansons sont définitivement époustouflantes! Rappellez-vous: après le petit clip sur la Turquie et ses merveilles (Admirez les splendeurs du Topkapi, visitez la Capadoce et ses plages de rêve, massacrez les kurdes à grands coups de bombes à fragmentation), un léger rythme de sirtaki (oui, je sais, c'est grec, mais vive l'Europe sans frontières!) introduit la chanteuse, généralement transsexuelle, puis le tempo se dédouble frénétiquement, tandis qu'elle entonne à pleins poumons: «ürtük, stügürlü, ürtük, ürtük!», soutenue par les riffs puissants du joueur de oud électrique qui vient de découvrir les joies de sa pédale fuzz flambant neuf. Et comme l'honorable assistance ne maîtrise pas toutes les subtilités de la grammaire turque, il s'agit en général de chansons ayant pour thème récurrent leurs ennemis héréditaires, sur le mode: «Les Grecs sont tous pédés, lalala, lalala...». C'est malin!
Mais revenons-en à Fidel Castro. Pourquoi? Tout simplement parce que l'album dont il devrait être question depuis le début de ces lignes n'est pas sans rapport avec le «lider maximo». En effet, si ce dernier n'avait pas pris le pouvoir en 1959 (cette chronique sera au moins prétexte à une bribe d'information...), les barrios (ghettos latinos des grandes métropoles américaines) seraient moins remplis et n'auraient sans doute pas donné naissance au latin-soul-disco-funk. Cela dit, le label
Soul Jazz Records nous propose une compil' tout à fait sympathique (hormis la typo du livret illisible et à chier!), sur le thème: le barrio comme si vous y étiez, les tessons de bouteille dans la tronche en moins. Si vous avez aimé le «Nuyorican Soul» des
Masters at Work, vous adorerez l'univers torride du barrio des 70's! Ici, pas de papys du son cubain, point de tempos latin house, mais du pur concentré de marcel bien moite, enfoncé dans un futal poutre apparente! Il suffit de jeter un œil sur la pochette, qui comporte une jolie brochette de cailleras chicanos, propice à faire remonter l'ambiance d'un backroom de sauna vers les 6 du mat', pour comprendre la pertinence de l'objet.
Rentrons maintenant dans le vif du sujet. Hormis quelques curiosités (
Patti "Voulez-vous coucher avec moi ce soir?"
Labelle, dans un exercice de style latin soul amusant, l'injustement méconnu groupe latin funk
Mandrill, tout comme les excellents salseros
Bobby Rodriguez et
Milton Zapata), on retiendra surtout la présence de deux titres de
War, fabuleux groupe dans lequel s'illustra l'ex-Animals
Eric Burdon (oui, «The World is a ghetto», c'est eux), et de
Chakakas, groupe culte latin-funk-disco co-produit par...
Jean Kluger! Précisons que ce dernier a eu –entre autres– son heure de gloire en produisant et en cosignant certaines oeuvres inoubliables telles que «Au bal masqué o-hé o-hé! Dra-cu-la, Spi-der-man...». En effet, la
Compagnie Créole, c'est lui, avec son pote
Daniel Vangarde (heureux papa d'un petit
Daft Punk, bonjour la collec' at home de bandes disco vintages à sampler...). Les amateurs de
Cerrone retrouveront Jean-Marc «Supernature» à ses débuts, avec le groupe
Kongas (le barrio n'a pas de limites, car rappellons pour l'anecdote que les
Kongas se sont principalement illustrés au
Papagayo et autres clubs de St-Trop'...). Déjà abondamment samplé par nombre de Dj's avertis, le répertoire de cette compil ne peux qu'être chaudement recommandé, malgré son côté parfois anecdotique. La semaine prochaine notre sujet portera sur la musique anecdotique et ses bienfaits pour l'homme.
Note salsa no trabajo si: ***½ (
Mutator)
Recent comments
Djouls said:
Yeah, lots of classics here. Soul Jazz Records booklet are most of the time quite a treat though, I agree. Even if we're...
Read this article
Arne said:
I don't know man... a lot of these tracks have been comped and reissued more than enough. Some more surprising choices...
Read this article