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Playtime Reggae 2 - Rocksteady, skinhead, early reggae, soul & funk from Jamaica 1967-1977



Playtime Reggae 2
best of 2005Various - Playtime Reggae 2
(CD) Hi & Fly HF00011, 2005-10-17
[Notes de pochettes par Djouls (label T.I.M.E.C.) et Fatta (Soul Stereo Soundsystem)]

Tracklisting :
01. Lloyd Charmers - I'm Gonna Love You Just A Little Bit Longer
02. Donna Dawson - You Can't Buy Me Love
03. Bob Andy - Life
04. Delroy Wilson - Living In A Footsteps
05. Eric "Monty" Morris & The Maples - No More Teardrops
06. B B Seaton - Thin Line Between Love And Hate
07. Dave Barker & The Techniques - Lonely Man
08. The Messangers - Crowded City
09. Tony Nash - Keep On Trying
10. Dizzy & The Soul Syndicates - Riot
11. Phyliss Dillon - Picture On The Wall
12. The Heptones - Meaning Of Life
13. Matumbi - Law Of The Land
14. Candy Lewis - I'll Be Free Someday
15. Slim Smith - Sitting The Park
16. Mickey Chung - Breezing
17. Rudy Mills - John Jones
18. Gladdy With Lynn Taitt & The Jets - Chances
19. Lloydie & Lowbites - Rough Rider
20. The Deltones - I'll Take You There

Info :
Rocksteady, skinhead, early reggae, soul & funk from Jamaica 1967-1977

La cuvée jamaïquaine 2005 de chez Hi&Fly s'adresse aux amateurs de grooves choyeusement compilés. Comme lors de l'exercice précédent, "Playtime Reggae", "Playtime Reggae 2" (4 heures de réunion au moins pour arriver à ce titre) oscille entre raretés et tracks imparables, avec toujours des sélections de rocksteady, de skinhead reggae, de early reggae, de soul et de funk de Jamaïque, délicieusement et exclusivement 60's et 70's (et inversement), toutes approuvées par le S.O.M.M.I.E.R., le Syndicat des Observateurs Méthodiques des Musiques Indépendantes Essentiellement Roots.

Le ton est donné dès l'ouverture, avec une cover de Barry White, "I'm Gonna Love You A Little Bit More", signé Lloyd Charmers, ex-Uniques qui lança son label Splash au début des années 70 pour produire un reggae aux arrangements sophistiqués, fortement inspiré de la soul de Philadelphie, comme ce track de 1974, tendrement romantique mais surtout essentiellement funky, dans la mouvance des Chosen Few, pour situer.

Donna Dawson enchaîne avec un track de 1973, "You Can't Buy My Love", superbe cover de Dennis Brown, mais attention: une cover de la première version de 1972, reggae, produite par Joe Gibbs, pas de la version stepper de 1979! On sent que toutes les précautions ont été prises pour respecter un cahier des charges roots & soulful...

Vient Bob Andy, avec "Life". Bob Andy est un auteur de MONUMENTS de la musique Jamaïquaine, chez Studio One: "I've Got To Go Back Home", "Unchained", "Too Experienced" (ce dernier repris par Barrington Levy qui en a fait un tube international). C'était le mari de Marcia Griffiths avec qui il a fait par exemple "Young, Gifted & Black" en 1970, une illustre cover de Nina Simone, ou bien "Always Together" (produit par Coxsone en 1979). Pour ceux qui voudront aller un peu plus loin, "Song Book", produit par Coxsone, est son album de référence.

Le cours d'histoire continue avec Delroy Wilson, un des "Wonder Boys" de la jamaïque, qui a commencé tout petit à aligner les hits (à 11 ans!). Il est ici (en 1974) produit par Bunny Lee, dans un registre soul légèrement sucré, avec une reprise des Chi-Lites sortie à l'origine en 1972, "Living In The Footsteps Of Another Man".

Repartons maintenant en 1969, l'année référence des skinheads avec un track 200% skinhead reggae (c'est-à-dire uptempo avec la rythmique bien appuyée) signé Eric "Monty" Morris & The Maples, "No More Tear Drops". Le morceau est produit par Leslie Kong, un gage de qualité indéniable: Leslie Kong était le premier producteur de Bob Marley (le 45t "Judge Not" en 1962), ou de de Toots & The Maytals ("54-46", ou bien "Do The Reggae", le premier track avec le mot "reggae" dedans, c'était aussi lui, en 1966)...

Oui, chez Hi&Fly on aime de façon éclectique la musique roots sous ses formes les plus pures, et le flot continue avec un track "Lovers", une cover des Persuaders produite par Lloyd Charmers sur son label Splash, "Thin Line Between Love And Hate", interprétée par B.B. Seaton et extraite de l'album du même nom de 1973, qui marque le début de sa carrière solo, post-Gaylads.

On revient ensuite en 1970 et la toute fin de l'époque "Rocksteady" avec Dave Barker & The Techniques, connu pour son duo avec Ansel Collins ("Double Barell", n°1 en Angleterre en 1970) et ses collaborations avec Lee Perry. Le "Lonely Man" proposé ici est produit par Winston Riley, membre fondateur des Techniques, du Studio Techniques, producteur du "Ring The Alarm" de Tenor Saw, de deux superbes albums du légendaire deejay numéro un de l'île, Lone Ranger ("Rosemarie" en 1981 et "Dj Daddy" en 1984)...

Puis The Messengers, groupe par ailleurs produit par Lloyd Charmers (eux aussi!), nous font repartir vers de la soul jamaïquaine, plus vraiment reggae, mais tellement soul, et vraiment roots, avec un "Crowded City" produit lui par Bunny Lee. Un tout léger détour vers le skinhead reggae up-tempo de Tony Nash ("Keep On Trying"), et nous voilà en plein early reggae: la rythmique est toujours bien énervée par rapport à du rocksteady, mais c'est surtout la basse, bien ronde et phat, qui forme l'ossature du track. John Dizzy Moore (des Ska-Talites) à la trompette avec The Soul Syndicate en backing band nous en proposent une excellente tranche, "Riot", produite par Keith Hudson, en 1970.

Si vous n'avez toujours pas saisi la différence entre le rocksteady 60's et le early reggae qui démarre en 1968, le morceau qui suit, "Picture On The wall" de Phyliss Dillon, produit par Duke Reid sur Treasure Isle, vient faire un contrepoint rocksteady parfait pour votre éducation et celle de vos enfants (oui, ils écoutent vos disques de reggae quand vous vous absentez messieurs dames, d'après les dernières statistiques ils commencent vers 10-12 ans... mince alors pour Lorie & co., ils font semblant?!).

Une pause s'impose. Pourquoi pas The Heptones, un trio vocal qui vient du rocksteady, avec Leroy Sibbles au lead, Barry Llewellyn et Earl Morgan, et leur "Meaning Of Life" produit par Alvin Ranglin, un des plus grand tubes de l'époque reggae 1974-1976? Voilà un track qui risque de coller à tous (et à tout va), approuvé par le Captain Détendu, spécialiste es-détente absolue. Une valeur sûre, donc.

Reprenons maintenant nos ébats avec Matumbi qui s'essaient à copier les arrangements soul-spaciaux de Norman Whitfield sur une cover des Temptations, "Law Of The Land". La température remonte instantanément d'une bonne dizaine de degrés, avec cette belle production et ces beaux arrangements, qui semblent plutôt enregistrés en Angleterre qu'en Jamaïque... Matumbi ont fait pas mal de reprises de hits soul et certains cherchaient ce track depuis en avoir entendu un petit bout sur le mix de Dj Shortkut de 2004 sur le label anglais Antidote ("Blunted With A Beat junkie"). On ne fera donc pas la fine bouche, bien au contraire.

C'est le moment de passer à un peu de reggae roots, toujours très soul, avec Candy Lewis produite par Clement Bushay en 1977 (I'll Be Free Someday"), et surtout à MONSIEUR Slim Smith et son "Sitting In The Park" produit par Bunny Lee l'année de la mort de Slim Smith (1973), dans un malheureux accident de voiture. Il s'agit là d'un de ses deux derniers enregistrements. C'est déjà du reggae, avec des arrangements soul, une cover de Billy Stewart déjà chantée auparavant par Alton Ellis (dans une version rocksteady produite par Coxsone en 68 ou 69).

Un pan d'histoire se ferme avec la disparition de Slim Smith, le meilleur chanteur qu'il y eu en Jamaïque, avec son chant clair un niveau au-dessus de tout le monde. Il vous faut absolument, si ce n'est déjà fait, entendre "Rougher Yet" (produit par Coxsone, 1967), "Rain From The Sky" (Bunny Lee, 1972), "My Conversation" (Rupie Edwards, 1968), et surtout "I Will Never Let Me Go", alias "The Answer" (suite à la version du même nom de Lone Ranger qui devint encore plus célèbre que l'originale), rythmique produite par Coxsone, née en 1967 et reprise tous les ans depuis. Un des riddims les plus repris de l'île.

La compilation suit son cours reggae-soul/soleil sur la plage, avec une pointe de jazz dans le "Breezing" du guitariste Micky Chung, produit par Lloyd Charmers en 1974, un instrumental façon Ernest Ranglin, avant de déclancher l'émeute sur le dancefloor avec l'hymne des skinhead de 1968, "John Jones", de Rudy Mills, produit par Derrick Harriott. On retrouve ce track sur toutes les compiles Trojan depuis 1980 et personne ne s'en ai jamais plaint: il est ici aussi le bienvenu!

La nonchalence réapparait immédiatement avec un bon gros rocksteady intrumental du pianiste Gladstone Anderson (alias Glady), accompagné de Lyn Taitt & The Jets, une petite rareté de chez Trojan, "Chances", rapidement suivie d'une reprise d'Eddy Grant, "Rough Rider", popularisée en version rocksteady par Prince Buster en 1968, puis réadaptée en 1971 en early reggae sur l'album "Censored! de Lloyd Charmers, ici sous pseudo Lloydie & The Lowbites.

Pour conclure cette compilation, et appuyer une dernière fois son aspect soulful et festif, allez, une cover des Staples Singers de 1972 signée des Deltones, "I'll Take You There", et ça y est, Hi&Fly sont bien installés sur la carte à côté des Blood & Fire et autres Soul Jazz. Un "Playtime Reggae 3" est déjà sur les tablettes, et son tracklisting... Ah! non, une dépèche vient de tomber m'interdisant d'en dévoiler une seule miette! À suivre, donc.

Djouls (label T.I.M.E.C.) + Fatta (Soul Stereo sound-system)
Djouls

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